jeu.
27
janv.
2011
Le Mouvement Japoniste (Japonisme)
Van Gogh, Branches of an Almond Tree in Bloom, 1890
Après 1860, l'Extrême Orient, et en particulier le Japon, devient une source d'inspiration pour les peintres français et européens qui opèrent une révolution dans leur art. De leur côté, les intellectuels américains considèrent les estampes japonaises comme une forme vulgaire d’art. Les xylographies, les recueils de motifs, les estampes et les objets d'art japonais produits à l'intention des étrangers influencent la peinture, l'architecture et les arts décoratifs occidentaux. Le gout européen pour l’art et l’artisanat japonais connait son apogée dans les années 1880. Le mot de "japonisme" fut inventé en 1872 par l’auteur et collectionneur français Philippe Barty pour designer les emprunts artistiques et historiques aux arts du japon. L'art qui résulta de cette influence est qualifié de japonesque.
Les artistes peignent sur des toiles carrées ou adoptent le format rectangulaire en hauteur, inspiré des kakemonos ramenés du Japon. Les compositions présentent des cadrages insolites (premier plan oblique). Le sol est relevé à la surface du tableau et la scène principale rejetée au deuxième plan. Le rôle accordé au hasard dans l'art japonais inspire les peintres. Ils apprécient les formes irrégulières, les motifs vermiculés ou floraux stylisés, les courbes décoratives (tiges, vagues) et les grandes diagonales. Ils cernent les motifs d'un trait noir. Les peintres délaissent le clair-obscur et suggèrent le modelé et les volumes par l'opposition franche des teintes plates et vives.
Parmi les artistes européens adepte du japonisme on trouve : van Gogh, Manet, Degas, Renoir, Pissaro, Klimt :
- La touche en bâtonnet de Vincent Van Gogh (1853-1890) proviendrait de l'observation des crépons.
- Toulouse-Lautrec (Henri Marie Raymond de Toulouse-Lautrec-Monfa, dit, 1864-1901) libère le trait, simplifie les formes et l'espace. L'image de ses prostituées s'inspire des estampes japonaises érotiques de Hiroshige et d'Utamaro.
- Pierre Bonnard (1867-1947), surnommé le "Nabi très japonard", se procure des crépons et du papier de riz dans les grands magasins et avoue devoir aux Japonais ses motifs à carreaux.
Au-delà de l'exotisme des "japonaiseries", l'art japonais nourrit une réflexion plastique neuve commune à plusieurs mouvements (Impressionnisme, Pont-Aven, Nabis, Art Nouveau). Un traité commercial signé en 1854 entre le Japon et les Etats-Unis amorce des échanges avec la Grande-Bretagne, la Russie, les Pays-Bas et la France. Les oeuvres des artistes Hokusai et Utamaro soulèvent l'entousiasme. Les frères Jules et Edmond Goncourt contribuent à la connaissance de l'art japonais et Samuel Bing, marchand d'objets d'art orientaux, organise des expositions d'estampes et fonde la revue le Japon Artistique.
Source : Larousse.

