jeu.

27

janv.

2011

Le mouvement Impressionniste (Impressionnisme)

Claude Monet, La Pie (1868-69) Monet, La Pie (1868-69)

Vers 1862, de jeunes peintres jugent l'art sclérosé par les règles trop rigides enseignées aux Beaux-Arts (Académisme) et s'associent à Paris autour de Claude Monet. Sur la voie tracée par Eugène Boudin et Johan Barthold Jongkind dans les années 1850-1860, ils exécutent leurs tableaux en plein air, sur le motif, et tentent de saisir les manifestations fugitives de l'atmosphère. En évitant l'atelier et ses artifices, ils recueillent des sensations visuelles du paysage, peignent la lumière et ses effets. Les artistes se forment dans les ateliers privés et libres (l'atelier Gleyre, l'Académie suisse) et échangent leurs idées au café Guerbois. L'esthétique impressionniste, annoncée par William Turner, reçoit l'influence de Gustave Courbet et du réalisme (Réalisme). Ses adeptes vénèrent Eugène Delacroix qui expérimente avant eux la division des tons, les couleurs complémentaires et les contrastes colorés. Ils explorent aussi des sources d'inspiration neuves, les estampes japonaises et la photographie inventée en 1839.

 

Refusés aux Salons officiels et traités de "barbouilleurs", les artistes vivent dans la misère et cherchent à se faire connaître par des expositions privées. La première manifestation se tient à Paris, boulevard des Capucines dans les ateliers du photographe Félix Nadar en 1874. A cette occasion, le journaliste Louis Leroy du Charivari donne naissance au mot "impressionnisme" en ironisant sur le titre du fameux tableau de Claude Monet, Impression, soleil levant. Sept autres expositions se succèdent jusqu'en 1886. Déjà morcelé à cette date, le groupe se disperse. A partir des années 1880-1890, le mouvement se communique aux artistes étrangers, mais, surtout, ouvre la voie à des réactions esthétiques libres. Malgré l'hostilité générale, Emile Zola et le marchande de tableaux Paul Durand-Ruel soutiennent la peinture impressionniste tournée vers un monde paisible dans lequel n'apparaissent pas les difficultés sociales, politiques et économiques de l'époque. Le journaliste et critique d'art Théodore Duret achète des toiles et publie Histoire de l'impressionnisme en 1904.

 

Des innovations dans le matériel du peintre favorisent le travail à l'extérieur : le chevalet léger et la couleur en tube de zinc facilitent en effet le transport. Le peintre choisit chez le marchand de couleurs des toiles de petites dimensions déjà apprêtées et peint rappidement plusieurs tableaux à la suite pour matérialiser les sensations éphémères qu'il perçoit. L'impressionnisme marque en temps fort dans l'histoire du paysage français. Les peintres observent Paris et ses faubourgs, posent leur chevalet en Normandie et en Ile-de-France sur les bords de Seine, à la campagne et au bord de la mer. La recherche de nouvelles sensations colorées les amène à voyager (Claude Monet se rend en Normandie, à Londres, en Hollande...). Les titres des oeuvres précisent un lieu, une saison ou une heure du jour. Captivés par le mouvement, la nature et la modernité, ils peignent le cheval, le chemin de fer, les ponts, les barques, les voiliers, les drapeaux, la fumée, le ciel, les nuages, les danseuses, l'eau et les reflets. La composition réduite à quelques plans superposés donne l'impression que le paysage bascule au premier plan.

 

Les impressionnistes abandonnent le point de vue frontal et l'illusion de la profondeur. Ils multiplient les cadrages en plongée et en contre-plongée. Les contours, la densité et les volumes s'évanouissent avec les mouvements et la lumière. Pour traduire la sensation naturelle du plein-air, les impressionnistes utilisent les couleurs spectrales du soleil : le bleu, le jaune, le rouge (les couleurs primaires), l'orangé, le violet, le vert, (leurs complémentaires) ainsi que leurs tons intermédiaires et le blanc. Peintres de la lumière, ils excluent les gris et les noirs, et substituent au clair-obscur traditionnel le jeu des reflets qui transforment les tons réels et colorent les ombres. Pour conserver la force des couleurs et suggérer l'éclat vibrant du soleil, les impressionnistes n'opèrent pas de mélange sur la palette et fractionnent les tons clairs et francs sur la toile. Les couleurs se fondent à distance dans l'oeil du spectateur (mélange optique). Ils obtiennent aussi un papillotement lumineux en juxtaposant les couleurs complémentaires : Monet affectionne l'accord du rouge et du vert et Van Gogh celui du bleu et de l'orangé. La forme se confond avec le coup de pinceau : les touches horizontales suggèrent le clapotis des flots, une série de bâtonnets les brins d'herbe et les frottis un frisson dans les feuillages. L'exécution rapide et fragmentée diversifie les effets de matière, la touche peut-être fluide, empâtée et granuleuse au sein d'un même tableau.

 

Les principaux représentants de l'impressionnisme sont en France : Claude Monet, Pierre-Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Paul Cézanne, Edgar Degas, Berthe Morisot, Frédéric Bazille. En Allemagne : Max Liebermann, Corinth, Slevogt. En Grande-Bretagne : Philip Wilson Steer. En Italie : Segantini. Le mouvement impressionniste proprement dit s'achève en 1886 avec la dernière grande manifestation du groupe. Son influence se perpétue dans le néo-impressionnisme et le pointillisme d'un Seurat ou d'un Signac et marquera notamment l'oeuvre de Vincent Van Gogh, avant d'être dépassée par le fauvisme et l'expressionnisme. Ses principes seront repris au XXe siècle par le tachisme et l'Op'Art.

 

Source : Larousse.

écrire commentaire

Commentaires: 0

  • loading